Cantique des cantiques

Je travaille actuellement le "Cantique des cantiques", ou disons que je suis travaillée par ce texte. C’est imprévu, inattendu. Cette création me pousse en avant, en arrière, en haut, en bas, comme un arbre, avec un tronc principal et des branches, des rameaux... L’un d’eux est une traduction d’un texte sublime que je mettrai bientôt à dispo gratuitement sur Seepia. Une autre branche ce sont comme des notes en bas de page, des copeaux, et ils sont très liés forcément au Le Petit Lexique des Nouveaux Paradigmes que je voulais faire toute seule avant de rencontrer Hélaine Charbonnier Teljesseg et Hélène Chartier et de démarrer cette belle aventure... Bref, maintenant j’ai envie de commencer à partager ces petits copeaux aussi. Il y en a 6, d’Engagement à Retrouvailles. Et je le fais ici.

(4 mars 2017)



Cantique - réponse 1 : Engagement

On y entend quelque chose de la mise en gage, comme le résidu d’un dû traînant quelque part.
Je me suis engagée à tes côtés, je me suis engagée dans cette voie, dans ce projet, avec vous, avec toi, avec moi.
A mesure que le temps déroule sa pelote d’illusions, l’envie vient de se dégager.
Et avec, la possibilité enfin d’épouser la Liberté.

Comment m’engager sans me limiter ? demande-t-il.

Ne t’engage surtout pas, dit-elle.
Dégage-toi de tout.
Vis et vibre.

Remise le vieux mot, préfère-lui : déploiement qui, à mesure qu’il avance, pulvérise toute idée fausse de limite.

(4 mars 2017)



Cantique - réponse 2 : Manque

Le manque ça vous prend comme ça, pour un rien qui zigzague dans un coin de l’esprit où s’ouvre, comme par désenchantement, une porte béante.

Dehors c’est le déluge, tempête de neige, forte et lente comme un amour, précis, intense, apaisant.

Il dit : Ne te mens plus et vois que si tu maintiens le manque tu déclares que je ne suis plus là. Or, je suis là.

Elle ferme les yeux pour ne pas rougir d’avoir tant douté. Et, dans le vide de sa Toute Présence, elle murmure : d’Accord.

Le mot, par eux, ne fut plus utilisé.
Ni lui, ni elle, ni rien ne manquait plus.
Tout résonnait en eux en accord de Présence.

(3 mars 2017)



Cantique - réponse 3 : Appartenance

Telle forme.
Pieds Bouche Mains Paupières Galbe Courbe Angles Seins Hanches
Telle couleur.
Regards, pensées, cheveux... l’ampleur de quelques gestes, le resserrement dans nos distances.
Telle texture, telle profondeur, telle contradiction.
Tous, nous sommes pris dans le puissant clan de nos conditionnements confondus avec des appartenances.

Ensemble, patients, nous défaisons l’interminable écheveau de racines jusqu’à cette aube où, ayant traversé mille fatigues, nous sentirons qu’il ne reste rien d’autre que cette note unique : Amour.

Je m’avance vers toi les mains vides : je n’ai rien à t’offrir.
Tu m’accueilles à bras ouverts : tu ne veux rien prendre.

(2 mars 2017)



Cantique - réponse 4 : Tension

Et si, ça ne tenait pas ?

On parle d’unité, on se trouve en chemin dans l’unité, on s’y retrouve et à se savoir libéré du clan des conditionnements on dirait parfois, à ne regarder qu’en surface ce que l’on créé, que c’est la désunion, que la séparation l’emporte.

C’est vrai, un jour on s’en va.

On quitte des peaux, des personnes, des lieux, des vies, on ne quitte rien en vérité : on donne de l’espace, on absorbe, on dénoue, on permet des déploiements, on défriche dans la conscience, on donne depuis cet ailleurs que l’on est devenu.

Il n’y a pas de tensions, ni de bonne ou de mauvaise compagnie, ni de bon ou mauvais lieux. Il y a à s’accorder, et se tenir tout contre, là où ça s’accorde au plus juste.

Parce que tout est énergie, rien ne dure en l’état. Rien.
Et tant mieux.

(1er mars 2017)



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