Traversée - L’eau vive

On peut lire dans l’Exode (17, 3-7) que Moïse guidant son peuple eut à souffrir de leur colère. Ils avaient soif ! Et lui ne savait plus que faire avec leurs demandes incessantes... Moïse fait alors appel à l’Esprit qui lui dit de frapper le rocher avec son bâton, et l’eau en sortira. Il s’exécute. La pierre se fend, l’eau jaillit, ils boivent.

Moïse décide de nommer le lieu "Massa" (Epreuve) et "Meriba" (Querelle), parce que les hommes, pris dans les filets des doutes stériles, avaient cherché querelle et avaient créé l’épreuve en demandant : "L’Esprit est-il au milieu de nous, oui ou non ?"

L’épreuve c’est ce besoin de preuve en nous. C’est un besoin qui assèche. Et ça me conduit un peu plus tard dans les textes et dans la vie symbolique du Christ, au moment de la rencontre avec la Samaritaine.

Re-voici l’histoire vite fait (Jean, 4) : Il y a un puits en Samarie, c’est le puits de Jacob, il est profond comme une échelle et son eau désaltère encore sa descendance.
Vers midi, une femme vient y puiser l’eau et là, un mendiant crevant de chaud lui demande à boire. Elle s’étonne qu’un Juif s’adresse à elle car Juifs et Samaritains ne se fréquentaient pas à l’époque.
La divine réponse : "Si tu savais le don de Dieu par cette demande et qui est celui qui te la fait, c’est toi qui demanderais et il te donnerait de l’eau vive."

Elle s’étonne encore mais elle est acceptante de cet inhabituel à l’oeuvre entre eux. On dirait que tous les deux se trouvent là comme pour continuer quelque chose, car elle en face, avec sa vie dissolue, a soif d’amour évidemment autant qu’il a soif d’eau simple. Ces soifs multiples sont étanchées lorsque ce qui est désiré trouve sa réponse à l’issue de la conversation qui va se dérouler par leur échange, une conversation entre Dieu et l’humanité.
Car voici qu’il lui dit : "Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif, mais celui qui boira l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissante pour la vie éternelle."
Elle demande alors de cette eau vive.
Il dit d’accord mais appelle ton mari...
Et là ça devient vertigineux : Yeshoua sait qu’elle accepte et croit déjà dans le miracle si simple de l’eau vive de l’Amour mais il sait aussi qu’en tant qu’humaine se percevant comme séparée du Tout-Amour elle a besoin de preuves.

Il lui révèle donc des choses sur elle puis lui dit que la foi qui vient ne sera à adorer dans aucune religion ni aucun autre lieu "qu’en esprit et en vérité." Elle part donc, convertie, c’est-à-dire complètement retournée par cette conversation. Elle témoigne.
Si on vit ce dialogue du dedans, c’est très très beau.
Aux apôtres qui le rejoignent, Yeshoua parle des métaphores de la moisson, ce qui pousse quand l’équilibre entre la terre, la pluie et l’ensoleillement est à l’oeuvre et, pour ceux qui sont familiers des Dialogues avec l’ange, ici il y a une flèche de temps.

Il y a en effet 21 siècles entre cette métaphore au bord d’un puits et le message reçu dans les Dialogues : "Semez le grain ! Vous êtes le semeur et le grain, Et le semeur se sème lui-même." Et on peut se semer dans tous les sens du terme évidemment... j’en connais même qui courent vite... La question ici est : quelle est la nature de ta soif, quelle est l’eau qui l’apaise et où vas-tu la puiser ?
Depuis, les évangiles et les Dialogues beaucoup d’autres textes sont arrivés, à notre disposition, que ce soit l’évangile de Marie proposé par J.Y. Leloup, la nouvelle interprétation du Nv Testament, le Cours en Amour, et ça c’est juste pour la partie du Tout-Amour qui se manifeste dans un prisme chrétien mais on peut amener beaucoup beaucoup d’autres ruisseaux qui sont cette eau vive.

Tous les puits débordent !!