Ouvrir les yeux... et voir, enfin

"Il est possible de vivre dans une forêt sans réellement la voir, ou d’habiter à la campagne sans apprécier la nature environnante ou y trouver l’inspiration. Le prophète Jérémie se lamente sur ’ceux qui ont des yeux mais qui ne voient pas, qui ont des oreilles mais qui n’entendent pas’ (Jérémie, V, 21). Lorsque j’aborde le problème de la disparition de la nature dans les séminaires d’éducation civique et environnementale du Green Belt Movement, les participants me disent souvent avoir l’impression de regarder pour la première fois le monde qui les entoure. ’Avant de suivre ce cours, m’a un jour confié une femme, je ne voyais pas les champs et les bords des routes dénudés, ni les paysages désolés. A présent, je vois les zones où il devrait y avoir des arbres et des rivières pleines de vase que je n’avais jamais remarquées.’ Elle a fini par voir ce qu’elle avait eu en permanence sous les yeux ; sa conscience s’est éveillée, la mettant désormais en position de participer au processus de réparation."

In Wangari Maathai, Réparons la terre, éd. EHO, 2013, p. 81.