Nives-Erri-Gran Paradiso

Nives.
"J’ignore ce qu’est pour un prisonnier le jour de la fin de sa peine, ce qu’est pour un malade la venue de l’aube, ce qu’est pour un écrivain le dernier mot de son livre, mais je crois que tout ça doit ressembler au sommet, la promesse tenue à l’enfant qui trépigne en chacun de nous." (p. 25)

Erri.
"Ici je retrouve l’air, je l’inspire si fort que je sais enfin ce qu’est l’inspiration pour un artiste. C’est de l’air venu de loin, respiré avant par des arbres et des générations, passé sur des éruptions et des bûchers, sur des déserts et des forêts, sur les mers et sous les ailes des oiseaux, sur le sang que les hommes versent entre eux. C’est de l’air nettoyé à l’intérieur de la centrifugeuse des nuages, vissé dans la spirale des ouragans, frotté par les éclairs, entré dans les prisons pour extorquer, extirper un sourire à ceux qui sont enfermés. Ici, l’inspiration entre le nez et la muqueuse renifle l’histoire de l’air, ses voyages." (p. 108-109)

Gran Paradiso.