Long Cours et Bouts du Monde

La question qui se posait dans la chronique précédente de la spécificité de la littérature dite jeunesse se pose à nouveau avec la littérature de voyages qui s’emberlificote si souvent avec le reportage, le natural writing et l’ethnologie, sans parler des photos. Bref, laissons de côté les catégories marchandes et filons illico nous ressourcer en Littérature, petits et grands espaces compris.

Pour des raisons différentes, voici deux petites merveilles de revues qui parlent d’Ailleurs à nos imaginaires, précieuses lectures pas blasées car oui, et mille fois oui, il reste encore tant et tant à découvrir.

Luxueuse, certes Long Cours l’est mais n’en prenez pas ombrage vous qui comme moi raffolez des nuits à la belle étoile avec ce goût de poussière de blé au fond de la gorge. Le regard sur le monde posé ici est vaste, large, étonnant.

Rien que pour le n°6 : des samouraïs japonais tenant le cap de leurs vies après Fukushima en passant par l’art de la méditation selon Google, des JO organisés par les armées en passant par une jeune entrepreneuse tibétaine pour arriver à un dossier sur le chamanisme contemporain - incomplet certes mais qui a le mérite d’aborder le sujet autrement que sous l’angle du scepticisme ou du New Age. Tout se mélange au long cours, les regards et les spécialistes, les photos avec les dessins, et c’est un pur bonheur de lecteur.

A l’opposé et tout aussi réjouissante la revue des Bouts du Monde a commencé tout petit, dans leur cuisine presque, collectant des textes de voyageurs, bien souvent de la très bonne littérature sac au dos, directe, râpeuse et loin, très loin des sentiers battus. Je peux le dire, j’y avais publié un texte sur Cuba. Depuis les débuts, les bouts ont évolué, une souscription a aidé, et le n° 17 s’annonce comme un vrai délice pour nous amener vers le printemps.