L’horizon

"L’obstacle le plus sérieux à l’évolution d’une éthique de la terre tient peut-être au fait que notre système éducatif et économique s’éloigne plus qu’il ne se rapproche d’une conscience intense de la terre. L’homme moderne typique est séparé de la terre par de nombreux intermédiaires et par d’innombrables gadgets. Il n’a pas de relation vitale à la terre. Pour lui, elle est l’espace entre les villes où poussent les récoltes. Lâchez-le une journée dans la nature ; si l’endroit n’est pas un terrain de golf ou un "site pittoresque", il s’ennuiera mortellement. Si l’on pouvait remplacer les fermes par la culture hydroponique, il trouverait cela très bien. Les substituts synthétiques du bois, du cuir, de la laine et autres produits naturels de la terre lui conviennent mieux que la chose même. En bref, la terre, c’est quelque chose qu’il a dépassé depuis longtemps."

in Aldo Leopold, Almanach d’un comté des sables, p. 282.