L’éthique de l’intégrité

"L’éthique de l’intégrité est un ensemble de choix basé sur la cohérence interne et les conséquences inhérentes. Ces choix ne sont pas fondés sur des absolus imposés à une nature chaotique, mais sur les principes d’ordonnancement inhérents à la nature. Ils ne sont pas fondés non plus sur des règles qui peuvent être définies hors du contexte. Ils reconnaissent qu’il n’y a pas de choses séparées de leur contexte. [...] Il serait intéressant d’essayer d’imaginer une vaste société fondée sur ce principe. A première vue, ce qui frappe est le nombre de choses qui ne pourraient plus être faites. Nous ne pourrions plus bâtir des autoroutes traversant des quartiers si les habitantes dont les maisons sont détruites pouvaient s’opposer à la décision. Nous ne pourrions plus construire de centrales nucléaires, ou des bombes nucléaires, nous ne pourrions plus mener à bien aucun projet à grande échelle impliquant de contraindre des gens d’accepter des conditions dont ils ne veulent pas. [...] De fait, les cultures basées sur l’immanence ont évolué très lentement et n"ont pas développé les prouesses technologiques de la culture occidentale. Elles s’adaptent au paysage et au climat plus qu’elles ne changent radicalement la face de la terre.[...] Dans une communauté où le sacré se manifeste à travers l’intégrité intime plutôt que par l’autorité externe, la valeur de l’intégrité de chacun importe, aussi bien la vôtre que la mienne."

Starhawk, Femmes magie politique, éd. Les empêcheurs de penser en rond, 2003, p. 68 sq.